L'adieu merdeux

Publié par l'bistrot des sports

Cet adieu je l'ai reçu sous la forme d'une belle carte postale.

 

Ce qu'elle représentait ? Le chateau de Quiberon.

 

Le contenu de son dos, je ne l'ai pas oublié tellement je l'ai trouvé "merdeux". Cette carte, je l'ai reçue en septembre après les vacances d'été.

 

Pour la première fois, je quittais, pour trois semaines en juillet, mes chaleureuses vacances creusoises auprès de mes grands parents. J'allais connaître par l'intermédiaire des parents de mon camarade d'école  Jean-Pierre le charme d'une île bretonne : Belle Île en Mer. Je ne me doutais pas que sur cette ile allait se tracer le chemin de ma vie d'homme.

 

La maison voisine ou nous logions était occupée durant tout l'été par une petite colonie de jeunes filles pensionnaires d'une école religieuse de Paris. Nous étions les seuls "coqs" au milieu de ce "poulailler". Cette situation ne troublait guère mon ami Jean-Pierre et son frère. Ils s'étaient adaptés à cette promiscuité. Pour moi c'était une occasion inespérée de me changer de mes "passantes habituelles".

 

Dans un premier temps, je tente ma chance auprès d'une jolie blondinette. Finalement, je m'aperçois que mon type de femmes penchera vers les brunes aux cheveux longs. Mon attention est donc tout naturellement attirée par une belle brune. Elle a un corps de rêve qu'elle sait mettre en valeur sous un maillot de bain deux pièces qui ne peut pas faire autrement que d'éveiller les sens d'un ados boutonneux que l'inexpérience fait confondre cet état avec l'amour.  Elle se prénomme Marie Thérèse mais elle préfère le surnom de "Mahité". Cela fait une barrière beaucoup moins haute à franchir pour les prétendants. Ce qui fut mon cas. Je crus, dans ma naïveté, que nous étions sincèrement amoureux l'un de l'autre. Tout cela dans la plus grande chasteté. Pensez, une Marie Thérèse...

 

Pendant environ trois ans, nous attendrons les vacances pour nous revoir. Une année, l'âge poussant, j'entrepris de lui parler de notre avenir. Je pense qu'elle en fut très touchée et prête à envisager une relation plus sérieuse. Est-ce cette tentation qui la fit envoyer cette carte postale avec ces mots : nous n'avons pas les mêmes ambitions. Moi, je veux poursuivre mes études pour faire  du droit. Une relation plus sérieuse ne pourrait qui nuire. Il est préférable que nous en restions là mais nous pourrions tout de même nous revoir les vacances prochaines en copains.

 

Moi qui n'avais aucunes ambitions  que celle de croquer la vie à pleines dents je trouve sa "littérature"un "adieu merdeux". Je ruminais une vengeance. Nous nous reverrons effectivement l'année suivante et c'est là que  j'emprunterai le chemin qui conduira ma vie.

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