Le chemin des morts 25 La révolution de 1848

Publié par l'bistrot des sports

« Il faut faire la révolution du mépris »

a déclaré Lamartine. Durant les années 1846-1847 des scandales ont éclaboussé le régime de Louis-Philippe. Mais, c’est surtout le refus de la réforme parlementaire et électorale qui a dressé les bourgeois et intellectuels contre le ministre Guizot. Enfin, l’augmentation du coût de la vie et la misère de la classe ouvrière ont accru l’impopularité du gouvernement.

Par la « campagne des banquets », inaugurée à travers la France en juillet 1847, la gauche et le centre gauche ont commencé à manifester en faveur de la réforme. Mais le 22 février le gouvernement en interdit la clôture. Des manifestations se produisent dans les rues de Paris aux cris de « à bas Guizot ». Quelques barricades s’élèvent et les émeutiers pillent les armuriers. Le lendemain, 23 février, le gouvernement décide de mobiliser la Garde Nationale, mais les bourgeois qui la composent se déclarent pour la réforme. Atterré, le roi décide de sacrifier Guizot et le remplace par Molé. On peut croire la situation rétablie lorsque, le soir, boulevard des Capucines, au cours d’une manifestation, les soldats ont tiré. Seize personnes ont été tuées et leurs cadavres sont promenés dans des chariots à travers Paris. Molé renonce à former son cabinet. Le roi appel Thiers qui donne le commandement des troupes à Bugeaud chargées de rétablir l’ordre. Le 24 au matin déjà 1500 barricades se dressent dans Paris. Des soldats fraternisent avec les émeutiers qui s’emparent de l’Hôtel de Ville et menacent les Tuileries. Le roi refuse de verser le sang. Il abdique en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, et va s’embarquer à Trouville pour l’Angleterre. Les révolutionnaires envahissent le Palais Bourbon où la duchesse d’Orléans tente de se faire reconnaître régente. La duchesse doit fuir à son tour. Les Tuileries sont mises à sac; Larmartine et Ledru-Rollin proclament la République avant de se rendre à l’Hôtel de Ville où se constitue un gouvernement provisoire. En trois journées, la monarchie constitutionnelle s’est effondrée.

Sept hommes constituent le gouvernement provisoire. Lamartine est l’un de ce groupe. Le 25 février, dans une atmosphère révolutionnaire il sauve de justesse le drapeau tricolore. Ce gouvernement esquisse un programme généreux. Mais le marasme économique, l’effondrement de la Bourse, l’augmentation des impôts et les manifestations socialistes du 17 mars et du 16 avril indisposent le pays. Le 23 avril l’Assemblée Constituante vote au suffrage universel. Il en ressort une majorité de conservateurs et de monarchistes. Des émeutiers mécontents envahissent le 15 mai le Palais Bourbon. En juin 1848, l’Assemblée écrase une sanglante insurrection ouvrière par le sabre du générale Cavaignac qui devient le « sauveur de la République » ce dernier est nommé chef du pouvoir exécutif. L’ordre est revenu à l’Assemblée. Elle peut enfin élaborer et voter, le 4 novembre 1848, la Constitution qui va permettre à Louis-Napoléon Bonaparte de devenir le premier et dernier président de la II République. Il est le troisième fils de Louis Bonaparte, le frère de Napoléon, et d’Hortense de Beauharnais la fille de l’impératrice Joséphine.

En Creuse on applaudit la Révolution et la proclamation de la Seconde République. Toutefois un incident sanglant éclate à Guéret le 12 juin 1848 à propos de l’augmentation d’impôt pour les Ateliers Nationaux crées par Louis Blanc. Des contribuables d’Ajain, de Ladapeyre et de Pionnat refusent de payer. Quelques meneurs sont arrêtés et conduits à Guéret. Leurs compatriotes, armés de fourches, de vieux fusils et de bâtons veulent les délivrer. A l’entrée de Guéret ils se heurtent à la gendarmerie soutenue par le 47e de ligne et la Garde Nationale. L’échauffourée cause la mort de seize hommes, huit d’Ajain et huit de Pionnat. Une soixantaine de paysans sont emprisonnés et l’ordre rétabli.

Sous cette seconde République, il ne se passe pas grand-chose dans le village de Lacoux à part quelques tilleuls qui sont plantés pour célébrer le retour de la République.

 

Il faut attendre 1850 pour que chez les Lasmier il se passe quelques choses. Le premier février de cette année à cinq heures du soir, la seconde épouse de Jacques Lasmier ; Marguerite Guillon, lui donne une petite fille qui portera le nom de sa tante du Magnaud ; Marie. Le couple a maintenant deux filles sous son toit. La petite Gilberte, la fille naturelle de Marguerite qui a, à ce jour onze ans. Depuis son remariage avec la « Guillon » le voisinage se fait beaucoup plus distant avec le couple. La Marguerite n’est pas aimée par la majorité du village. Faut dire qu’elle ne fait rien pour se faire accepter. Mauvaise langue toujours prête à dénigrer les uns ou les autres. Son comportement avec sa fille Gilberte qu’elle maltraite le plus souvent à coups de bâton n‘est pas apprécié. Elle est en conflit permanent avec Gilberte Durand sa voisine mitoyenne et femme de François Boyer dont la fille Marie prend la fuite à chaque fois qu’elle aperçoit la mégère. Pourtant, une franche amitié lie Marie Boyer à sa jeune voisine Gilberte qu’elle sait malheureuse. Mais dès que les deux petites sont surprises ensemble, la Marguerite les poursuit de son bâton. Ici personne n’a oublié la douceur de la première épouse du Jacques, la gentille Elisabeth. C’est pour cette raison que Lasmier ne trouve personne pour aller à Jouillat déclarer la naissance de sa fille. Il doit y descendre seul. Arrivé dans le bourg il se dirige naturellement vers le cabaret Chazeaud où l’éternel arrosage se produit. Trop ivre pour ce rendre à la Mairie, se sont Jean Bordet et Pierre Chazeaud qui s’acquittent de la mission.

(à suivre)