Le cinéma de Roches

Publié par l'bistrot des sports

Qui se souvient des soirées cinéma du bar-restaurant de Roches.

 

En fin d'après midi je rentre très tôt à la maison. Ce soir c'est cinéma à Roches. Ma grand-mère se pomponne. Mon grand père cherche sa plus belle casquette. Nous "cassons une petite croute" pour faire la route à pieds, environs quatre kilomètres et nous attendons. Nous attendons que la tante Antoinette sorte de chez elle pour emprunter la route de Roches.

- Vite on va y aller, dit ma grand-mère, la Radegonde est partie.

Nous savions que quinze minutes plus tard l'oncle Félix allait la suivre. La tante prenait toujours de l'avance car comme disait ma grand-mère

- avec ses petites jambes nous aurons tôt fait de la rattraper.

Mais nous ne la rattraperons pas avant Roches car nous n'allons pas prendre le même chemin. Il fallait que ma grand-mère puisse "bavasser" pendant la route. Alors nous bifurquons vers "les Vergnes". Là nous prenons au passage les amies de ma grand-mère : La Séraphine et sa fille Camille accompagnée de son fils Michel. ça me fera un copain pour la soirée. Pendant que Michel et mois courons devant, derrière nous les commérages vont bon train .Sans nous en apercevoir nous arrivons à la Vergnolle. Plus que quinze minutes et nous seront arrivés à Roches.

 

Devant le bar-restaurant le monde commence à s'agglutiner. Nous retrouvons l'oncle Félix qui à dépassé l'Antoinette pour réserver leurs deux places. La tante arrive enfin toute essoufflée. Nous entrons par le bar. Une épaisse fumée de cigarettes nous prend à la gorge. Les hommes sont installés au comptoir après avoir installé leurs épouses sur les bancs de bois alignés dans la salle du restaurant. Des chaises entourent un énorme projecteur. Au fond, une grande toile blanche est tendue au mur.

 

A sa caisse la patronne annonce je début de la séance dans quinze minutes.

Après de grands "aahhh" le documentaire commence. Peux d'intérets pour les hommes qui préfèrent le bar. A l'entracte les enfants se mettent à courir entre les bancs en réclamant des friandises. Les hommes viennent s'installer auprès de leurs compagnes. Les grandes bobines sont chargées sur le projecteur. Le projectionniste prie les spectateurs de s'asseoirent. La lumière s'éteint. C'est comme ca que j'ai vu "la vache et le prisonnier".

 

Le chemin du retour sera plus pénible que l'aller. Michel et moi ne courront plus devant. Le sommeil a commencé à nous prendre. Nous marchons comme des automates. Les commères en garde pour la semaine prochaine. L'oncle Félix et la tante Antoinette arrivent bien longtemps après nous. Bien sur la Radegonde avec ses petites jambes…

 

Publié dans Au fond de la mémoire